samedi 3 janvier 2009

Lettre ouverte à Me Abdoulaye Wade

Appel patriotique à Maître Abdoulaye Wade en charge de la République

Cher Maître,

Je dis partout que je suis votre ami pour qu’à travers mes écrits, les gens ne s’imaginent pas que je vous en veux personnellement. Et c’est toujours à ce titre que j’ai entretenu avec vous depuis plusieurs années, des relations épistolaires, c’est vrai a sens unique, mais toujours par rapport a ce que nous avons en commun : le Sénégal.
Je vous ai parlé des Industries Chimiques du Sénégal que Godart avait mises a genoux, de la Jeunesse oisive qui se déverse tous les matins des trains et des cars de transport dans les rues de Dakar, et même de notre Football en agonie au moment où la fédération, se cachant derrière la FIFA, tenait en otage l’Etat et le Ministre des Sports.
Dans tous ces dossiers j’ai développé des thèses et proposé des solutions et toujours les faits m’ont par la suite donné raison.
Aujourd’hui je voudrais m’adresser à vous en public, afin que nul n’en ignore et que demain l’on ne dise pas que personne n’avait vu venir le danger.
Maître souvenez-vous des combats que vous meniez quand le parti socialiste était au pouvoir, de l’attachement que vous manifestiez pour la République, pour la Démocratie et pour les droits des individus et la Liberté.
J’ai toujours été à vos cotés, cheminant par une allée parallèle, partageant vos idées et vos combats.
En 1988, au plus fort de la crise alors que vous étiez injustement détenu, j’étais là à veiller sur vous, jusques au fond de votre geôle. Lorsque le pouvoir a donné à l’armée les réquisitions spéciales avec autorisation de l’usage des armes nous avons dit Non et évité de tirer sur le peuple comme le suggérait les directives du palais. Nous avons obligé le pouvoir à négocier avec vous pour éviter tout dérapage dans la gestion de la crise. Moi et quelques uns de mes camarades nous avons payé le prix fort puisque Jean Collin a tenu a ce que nous soyons radiés des cadres de l’Armée, n’ayant jamais pardonné le fait qu’on ait récusé les réquisitions qu’il avait établies. Pendant plusieurs années nous avons fait l’objet d’investigations, d’écoutes et de filatures et l’on nous a fermé les portes des emplois et des activités conformes à nos compétences et à nos aspirations. Je voudrais enfin vous préciser que je suis toujours un patriote sans parti politique, même si j’ai appuyé et encouragé mon ami et frère Ibrahima Sall à créer le MODEL, pour la défense de la Démocratie et des Libertés.
Si j’ai tenu à faire ce rappel, ce n’est point pour vous reprocher à nouveau le fait que vous ayez préféré amnistier, réhabiliter et indemniser des criminels reconnus coupables et condamnés au lieu de nous réintégrer dans nos droits, nous qui n’avions subi que des sanctions administratives en 1989 et qui avons bénéficié de deux amnisties en 1991 et en 2004.
J’ai fait ce rappel pour vous prouver que je mène toujours le même combat que nous menions, pour la République, la Démocratie, la Liberté, la Justice et la Paix. Et c’est au nom de cet idéal que je vous lance cet appel, très patriotique.
Maître, comme beaucoup de sénégalais, je suis très déçu par les orientations et les réalisations du régime libéral. Je sais que vous avez toujours voulu bien faire mais depuis 2002, vous êtes prisonnier de votre propre famille politique et cela a détruit le Pays.
Je n’ai pas besoin de ressasser vos échecs à trouver et à recruter les hommes capables de résister à la tyrannie intellectuelle que vous imposez a votre entourage, afin de pouvoir vous dire la vérité sur la vie et les choses et vous aider à faire les bons choix quant au processus de réalisation de vos idées souvent généreuses. Cependant, je suis obligé de vous dire quelques mots sur ces questions importantes qui interpellent tout sénégalais soucieux de l’avenir de notre pays.
Aujourd’hui, ce qui frappe le plus, c’est la paupérisation du peuple, renforcée par l’augmentation des coûts des denrées de première nécessité, des coûts des loyers et de la Terre, des coûts des services publics tels que la fourniture d’eau potable, l’électricité, les services de santé, les coûts de carburant et de gaz etc.
Vivre tout court devient difficile, sinon impossible pour une large couche de la population.
Si on peut penser que la crise est mondiale, il n’en est rien pour ce qui concerne la vie quotidienne du Sénégalais, qui est la conséquence directe d’actions délibérées menées par votre régime libéral.
Ces options, je vais essayer de les citer pour m’en plaindre, tout en sachant d’avance que je vais en oublier certaines :

* Destruction de l’Etat en créant des agences autonomes partout où l’action gouvernementale possédait un budget de contrepartie qui devait en assurer le succès. Cette façon d’amputer l’administration des moyens financiers nécessaires à son action a consacré les abus, les détournements et la corruption dans le secteur public soustrait à la responsabilité régulière de l’administration. L’octroi de l’autonomie juridique et financière des entités placées hors du contrôle et de la responsabilité de la tutelle gouvernementale a permis de financer les activités partisanes des ministres du PDS qui y puisent leurs ressources de publicité et de propagande.

* Déplacement du cadre des décisions stratégiques vers le palais où d’obscures personnalités se trouvent investies de responsabilités occultes, notamment dans les domaines juteux tels que les Communications, l’Energie et les Mines, les ministères ne gérant que des portefeuilles vides, même si les ministres en charge continuent de jouer le rôle de démarcheurs pour le chef de l’Etat ou ses conseillers délégués. Cette manière de faire a créé dans le secteur public, un secteur informel où la responsabilité est diluée et masquée. Tout cela avec comme objectifs, le développement de l’affairisme d’Etat au profit de personnes sélectionnées tapies sous l’ombre tutélaire des plus hautes autorités.

- des secteurs parapublics stratégiques sont mis à genoux pour créer les conditions d’une spoliation programmée au profit d’intérêts personnels
- négociations pas clairement définies pour l’octroi de licences dans le domaine des télécommunications, de l’énergie et des mines (Sudatel, Mittal…et aujourd’hui phosphates de Matam et Sentel). Le plus souvent ces actions s’accompagnent de contentieux où le tort de l’Etat sénégalais apparaît comme évident;
- travaux exécutés dans des conditions et à des coûts hors normes mettant en doute la pertinence des choix d’investissement et la régularité des procédures, sans parler des pertes financières énormes que le trésor public a subi à l’occasion (ANOCI, Chantiers de Thiès, marchés de gré à gré. ).
- L’exemple le plus cynique est constitué par l’attribution du transport des pèlerins sénégalais aux lieux saints de l’islam à ZAM-ZAM, un obscur GIE sorti de nulle part ; cette structure dont les promoteurs sont signalés dans l’entourage immédiat du Président a été désignée sans appel d’offres au détriment d’Air Sénégal International à qui l’Etat avait pourtant octroyé en la matière une concession de dix ans. Mais le scandale réside dans le fait que l’Etat ait cautionné et agréé l’utilisation de vieux DC10, récupérés de la casse pour les besoins de la cause. Encore une fois le régime libéral pour enrichir un de ses membres a mis en péril la vie de plus de cinq mille de nos compatriotes sans état d’âme. Cette opération est en soi un crime, que le peuple impuissant condamne avec la plus grande rancune.

* Le plus grave est peut être cette façon cavalière d’adapter en permanence la Loi et la Constitution au bénéfice et aux intérêts exclusifs du Parti et de son chef. La démocratie est violée depuis plus de cinq ans et sa mort annoncée par ce désir qu’on vous prête de vouloir vous faire remplacer par Karim. Vous mettriez la sécurité du pays en danger si réellement vous persistiez dans cette voie car Karim n’a rien qui le prédestine à cette charge suprême ; il n’en a ni le charisme, ni la compétence. Tous les dossiers dont il s’est personnellement occupé sont des scandales juridico financiers ficelés aux antipodes de l’intérêt national : DISEZ, Terminal portuaire de Dakar, AIBD, ANOCI, ICS, les problèmes des hydrocarbures et de la SAR, les licences de téléphonie mobile etc. et tout le monde a été choqué par ses tractations avec Nicolas Sarkozy concernant le nucléaire, comme si le pays était un patrimoine de sa famille. Dans toutes ses affaires avec Dubai ou avec le Maroc et les autres pays arabes où vous l’avez introduit il n’a fait qu’hypothéquer nos terres et l’avenir de nos propres enfants pour des périodes allant de 25 à 50 ans. Je l’aime trop, parce qu’il est votre fils, pour lui souhaiter un avenir aussi sombre que celui de Président du Sénégal après vous. Les laudateurs, magouilleurs et autres gens de peu d’importance qui grouillent autour de lui veulent simplement se construire un avenir que leur valeur personnelle ne leur permet pas d’envisager mirobolant. Cette idée est un poison mortel qu’il faut abandonner dés maintenant.

* La gestion du PDS est basée sur le profit direct et la récompense à la famille libérale.
- Le Président nomme un gouvernement pléthorique et désigne des dizaines de conseillers inutiles qui ne font qu’augmenter les charges de l’Etat par leurs salaires et l’aménagement de leur nouveau standing. Même lorsqu’ils sont limogés ces privilégiés du régime conservent tous leurs avantages
- Dans les collectivités locales sont désignés des maires militants très actifs qui utilisent les budgets de leurs communes pour distribuer des salaires, des bourses et des secours à tous les militants de leur terroir sans oublier de se servir et, à l’occasion des fêtes, les services de la Présidence distribuent aux responsables des femmes des secteurs du parti, aux chefs de quartier, à certains imams, des sommes importantes.

- L’entourage de maître Abdoulaye Wade « rackette » les agences et les sociétés nationales pour financer les activités de promotion sociale au bénéfice du Parti comme les billets de la Mecque, les manifestations et réunions publiques présidées par Abdoulaye Wade, les insertions dans les journaux et revues étrangers faisant les éloges de Maitre Wade et de son régime
- Les ministres de la république, en dehors des budgets de leur département, vivent surtout sur le dos des agences et des sociétés dont elles ont la tutelle, le tout au nom du PDS et de Maître Abdoulaye Wade et le DG qui refuse de participer perd son fauteuil.
- Toute la Nomenklatura PDS, étale aux yeux des populations pauvres leurs villas de grand standing, leurs voitures luxueuses et leurs richesses acquises si rapidement par des personnes qui souvent tiraient le diable par la queue il n’y a guère.


* En mettant en avant l’argent dans toutes vos actions, vous avez tué toutes les nobles motivations qui faisaient agir nos cadres et nos professionnels.
Dans l’administration vous avez violé les règles de gestions catégorielles et indiciaires en introduisant pour certains agents que vous vouliez gagner à votre cause des indemnités parfois supérieures à leur salaire nominal, créant ainsi des frustrations chez d’autres qui étaient au même niveau dans d’autres corps de fonctionnaires. Vous avez créé des contrats spéciaux qui font fi des diplômes et des postes occupés et qui ne servent qu’à fidéliser des militants zélés, parfois très limités intellectuellement, malgré de flamboyants CV préfabriqués. Aucun corps de l’Etat n’est épargné par cette pagaille coûteuse, même les collectivités décentralisées dont les fonctions étaient presque gratuites et qui ne présupposaient à la limite que des remboursements de frais.
En alourdissant de manière inconsidérée les masses salariales des agences et établissements publics à autonomie financière concédée, vous avez mis en danger leur équilibre financier et compromis l’acquisition des moyens de production nécessaires à l’exécution correcte de leur mission. Pas d’investissement pour le renouvellement des matériels et des équipements et pas de maintenance, donc pas de résultats probants dans l’exploitation des services.
Mais les domaines où la carence libérale s’est le plus manifestée sont l’Education et la Santé qui ont cependant englouti plus du tiers réel du budget national.

-Dans le domaine de l’Education, les initiatives démagogiques prises en multipliant la création d’établissements scolaires de tous niveaux, dans toutes les régions n’ont servi qu’à octroyer des marchés de construction à des militants généreux parce que la fonctionnalité de ces établissements n’a jamais été réalisée, souvent par manque d’équipements et surtout de personnels. En encourageant sans contrôle la prolifération des établissements scolaires privés, votre régime a contribué grandement à la dégradation de la qualité de l’enseignement au Sénégal. Pire, dans les universités s’est développé un secteur privé très lucratif qui vit en appendice du système public dans lequel il puise la plus importante part de ses moyens humains et de ses infrastructures et équipements. En définitive ce sont les professionnels de l’Education Nationale qui se sont enrichis au détriment du système scolaire et de la qualité de l’enseignement. Les secteurs primaires et secondaires qui ont le moins bénéficié de cette évolution se révoltent et réclament leur part du gâteau même si au niveau secondaire les professionnels ont depuis plusieurs années mangé dans les râteliers du public et du privé en même temps.
Ces dysfonctionnements introduits dans le domaine de l’Education Nationale sont aujourd’hui une source sérieuse de conflits et de perturbation dont la victime principale est la population la plus démunie, dont l’enfant, soumis dans le primaire au cycle dévastateur du « double flux », ne peut espérer poursuivre ses études dans le secondaire, pris en otage par des professionnels peu qualifiés et un enseignement de mauvaise qualité. Les taux de passage dans les différents cycles sont si étroits que le petit sénégalais n’a qu’une chance infime à sa naissance de devenir bachelier. Rien que des billevesées et des gesticulations politiciennes dans toutes les démarches du gouvernement où il n’y a aucune politique bien cernée dans aucun des domaines qu’il pilote. Or le monde a beaucoup changé et le Sénégal doit refaire ses assises de l’Education ou alors tirer partie des résultats des assisses nationales dans ce domaine. Les cycles primaires et secondaires sont nécessaires à l’éclosion de tout esprit normatif et ils doivent être obligatoires pour tout sénégalais de sept à dix huit ans. L’enseignement supérieur doit être analysé à travers les missions qui lui sont assignées pour le développement économique et social. L’université a un rôle qui doit être défini, à côté des autres établissements d’enseignement supérieur à caractère technique et scientifique.
Le Sénégal n’ayant pas développé le label « Grandes Ecoles » comme pourvoyeur de cadres spécialisés, doit réfléchir avec une grande acuité sur le type de structures universitaires à mettre en œuvre et leur mission dans le système global d’acquisition de connaissance et de formation des hommes. Le mandarinat et le règne des maîtres tout - puissants dans le système universitaire doit faire place à la création de pôles d’excellence et de recherche pour apporter des solutions aux vrais problèmes du pays dans tous les domaines de développement.
Il est regrettable que les mécanismes d’exécution du PDEF n‘aient pas introduit la prééminence des autorités de la Décentralisation sur les professionnels du système académique car les fonds des bailleurs auraient été mieux utilisés

- Dans le domaine de la santé publique l’échec vient de la prise en otage du système par les professionnels.
Le système de santé sénégalais n’est pas homogène et n’est pas structuré pour répondre aux différents besoins de la population. L’organisation pyramidale du système est logique lorsqu’on pense niveau de soins, primaire, secondaire et tertiaire, mais il y a un hiatus dans l’intégration des différents niveaux où la seule définition de la référence et de la contre référence ne suffit pas à constituer le liant. Il y a des contradictions flagrantes entre le centralisme d’Etat de la pratique vécue où le ministère de la santé et ses organes déconcentrés détiennent tous les pouvoirs financiers et réglementaires, et l’esprit des réformes de 1996 et 1998 sur la régionalisation et l’autonomie des hôpitaux transférant les responsabilités de gestion aux collectivités locales et aux établissements publics de santé dans tout le système. Dans les hôpitaux et dans les comités de santé des districts sanitaires où les politiciens ont des pouvoirs de décisions, les recrutements se sont multipliés, avec un personnel non qualifié et pléthorique, et à l’opposé un déficit de personnels qualifiés et techniquement opérationnels. La création de multiples primes au profit du personnel qui ne tient compte ni de la vraie qualification ni de la performance a grevé les budgets des formations sanitaires, au détriment de l’investissement et des dépenses de fonctionnement nécessaires au succès de l’exploitation. Les salaires des personnels absorbent plus de la totalité des recettes internes et grignotent le quart des subventions d’Etat. Dans les districts sanitaires les médecins sont financés par le biais d’opérations directes avec le Ministère de la Santé, tandis que les fonds de dotation devant servir au fonctionnement des structures et relevant des collectivités locales stagnent ou sont encore détournés de leurs objectifs. Les comités de Santé encore autonomes capturent et détournent les recettes issues de la participation des populations
. Dans tous les cas les réformes de 1998 sur l’autonomie des hôpitaux n’ont pas été conduites à leur terme puisque la partie la plus importante de l’autonomie financière n’a pas été définie. En effet, le budget constitue la base de l’activité financière et sa définition entre le Ministère de l’économie et des finances, le Ministère de la Santé et la structure dotée d’autonomie était un préalable. Or dans le cadre actuel lorsque l’Hôpital définit son budget et que le Ministère de la Santé l’approuve, le Ministère des finances ne définit aucune règle spécifique pour son exécution alors qu’il s’agit d’une autonomie concédée. Il n’y a eu aucune différence technique dans l’exécution des budgets entre le système des services administratifs d’avant 1998 et l’autonomie concédée par la réforme hospitalière. Aussi longtemps que les règles budgétaires des hôpitaux autonomes ne sont pas définies et encadrées par le Ministère des finances, les dérives de gestion observées dans les hôpitaux perdureront et les dysfonctionnements finiront par paralyser tout le système hospitalier. Si on ajoute à cela les initiatives de subventions telles que le Plan Sésame, on comprend aisément pourquoi les hôpitaux croulent sous le poids d’une dette insurmontable.
L’inefficacité des services de santé n’est pas simplement la conséquence du désastre financier lié à la mauvaise utilisation des ressources mais aussi et surtout à une absence de politique des Ressources humaines. Depuis toujours les personnels de santé étaient formés par l’Université de Dakar, tant au niveau des médecins qu’à celui des paramédicaux ; l’école nationale des sages femmes d’état et l’école nationale des infirmiers d’état étaient supervisées par les professeurs responsables de certains départements hospitalo-universitaires de l’Hôpital Aristide le Dantec. Il y avait une sorte d’adéquation entre les besoins du CHU et la formation des agents. Puis avec la création de l’ENDSS et la multiplication des formations sanitaires dans le pays, l’on a cherché à harmoniser les curricula des écoles publiques de santé, sans se soucier des besoins réels de la population générale. Les déficits donc se sont accumulés par rapport à la norme de couverture puisque les effectifs d’élèves se sont rétrécis faute de budgets adéquats.
Malheureusement l’autonomie des hôpitaux et des comités de santé a permis d’encourager le recrutement de personnels peu qualifiés issus des écoles privées de santé qui se sont multipliées avec cette demande accrue de personnels, sans que l’Etat ait pris le soin de veiller à la qualité des formations dispensées. Il faut regretter qu’on n’ait pas tenu compte suffisamment de l’initiative de création des centres de formation régionaux
Cependant pour être honnête, il faut reconnaître que le principal responsable des déboires des services de santé est le mode de financement du système. Les budgets sont alloués par l’Etat aux formations sanitaires pour produire leurs services, sans qu’il y ait un lien entre les sommes allouées et les services fournis. Les populations continuent de payer une partie des services à des coûts qu’elles ne peuvent pas toujours supporter, sans qu’elles obtiennent d’ailleurs des services de qualité. Ce qui manque au Sénégal c’est donc un financement régulier portant sur chaque personne traitée, qu’importe celui qui prend en charge les frais. La meilleure solution dans cette optique est la mise en place d’un système d’assurance maladie universelle où des mécanismes de solidarité sont mis en place pour que chaque citoyen qui en a besoin puisse bénéficier de soins de santé de qualité. Depuis des années, des experts sénégalais ont conçu un système mutualiste d’assurance maladie où l’Etat mettrait sa contribution sur la tête de chaque citoyen au lieu de financer l’offre de soins en allouant des budgets aux formations sanitaires sans discernement. Mais aucun gouvernement ne s’est engagé sur la voie de sa réalisation contrairement à des pays comme le Ghana et le Rwanda et bientôt l’Ethiopie, qui bénéficient de l’assistance de l’USAID et de ces cadres Sénégalais. On ne peut qu’être scandalisé de voir que le gouvernement a préféré en 2009 prévoir dans le budget de la Ministre de la famille une enveloppe plus que substantielle de plus de quatre milliards destinés, en année électorale, à lutter contre la pauvreté par le financement direct et ciblé d’une partie de la population, alors que le Ministère de la santé avait défini et fait valider par les bailleurs sa stratégie d’extension de l’assurance maladie qui n’attendait que la prise en charge par l’Etat.
Voilà deux domaines où s’investit pourtant la première dame, dans lesquels l’Etat libéral a beaucoup détruit, mais a très peu construit. Des domaines prioritaires où les bailleurs ont tellement mis de ressources mais malheureusement où tout a été fait pour détourner les fonds vers des objectifs politiciens. Un exemple parmi tant d’autres qui enfoncent le pays dans une profonde crise politique, économique et sociale.


Le résultat de la gestion des affaires par le PDS a installé dans le pays un malaise profond de divisions, de querelles, de clans, de frustrations, parmi les partis politiques, parmi les catégories professionnelles, entre les régions, les départements, les communautés rurales. Des violences naissent avec des marches interdites ou matées, des manifestations justifiées ou injustifiées avec la création de groupes de pression et de nouveaux foyers de conflits. Il n’y a plus de référence en dehors de l’argent ; même les marabouts sont achetés, amadoués et détournés de leur mission première de diriger le peuple sur LA VOIE DROITE et de défendre ses intérêts

* L’exemple le plus frappant de l’attitude condamnable des pouvoirs publics est celui des marchands ambulants : des jeunes et des moins jeunes prennent en otage les populations de Dakar en s’installant anarchiquement dans toutes les rues de la ville, bouchant les carrefours et portant un préjudice grave aux commerçants installés et à la sécurité de la circulation urbaine. Un jour quelques centaines de marchands à la sauvette sont dégagés de la rue sur instruction du chef de l’Etat. Le lendemain quelques pneus sont brûlés ça et là par quelques dizaines de jeunes, le gouvernement s’affole et recule et dés lors, des dizaines de milliers de jeunes deviennent « marchands ambulants ». Le laxisme de l’Etat a encouragé la naissance et le développement de bandes d’agresseurs et les meurtres se multiplient dans la région de Dakar. Malgré les travaux réalisés un peu partout, la circulation est toujours gênée à Colobane et dans certains quartiers où les marchands ambulants squattent les ronds-points. Par contre on tabasse facilement des « marcheurs pacifiques » ou des journalistes consciencieux et on ferme les yeux sur la casse des maisons d’édition de journaux privés dont le seul tort a été d’informer juste.
Cette reculade de l’Etat dans une affaire où il défendait une cause juste est un appel à la résistance par la violence ou au chantage, tous faits qui peuvent engendrer des dérives néfastes.

* Enfin, le manque de dialogue politique et le peu de soucis que le pouvoir manifeste au désarroi de la population qui a faim et qui se « noie » sous les eaux, font le lit d’un mécontentement généralisé que l’on essaie de vous cacher en ne vous présentant que des militants recrutés à coup de millions, souriants et joyeux.

* Comment arrêter la liste de frustrations sans parler de ce goût irraisonné de la terre que la tribu libérale réserve aux opérations foncières réalisées souvent au détriment des plus démunis et au profit du régime libéral et de ses affidés. Le comble est atteint par la fameuse GOANA qui livre les terres disponibles à la Nomenklatura libérale : ministres, députés et sénateurs à qui on a distribué semences, engrais et matériels agricoles gratuitement. Alors que le Sénégal agricole de Wade se profile en « latifundia », les paysans du Cayor, du Baol, du Sine et du Saloum quittent leur terroir pour envahir les villes, surtout la zone dakaroise, à la recherche de la survie. Ce n’est pas parce qu’il a bien plu qu’il faille dire que la GOANA est une réussite. Sa réussite, dans sa forme actuelle consacrerait la mort du Sénégal des profondeurs et le début du cataclysme urbain et du chaos. Nos villes envahies par des jeunes sans emploi et sans avenir, ce serait le début d’une violente catastrophe sociale

* Vous avez réquisitionné les medias d’Etat que vous avez envahi. Cette utilisation immodérée de la télévision nationale a saturé votre image et nombre de sénégalais n’hésitent pas à zapper systématiquement la RTS pour éviter de vous rencontrer, de vous écouter ou de subir la propagande outrageante faite pour vous et votre parti. Votre conseiller en Communication ne doit pas être très doué en psychologie sénégalaise où, le chef doit se montrer discret et rare pour susciter le respect. Pourtant du temps du parti socialiste nous avions condamné le boycott des medias d’Etat à l’égard des activités de votre parti et je me souviens de ce fameux retour où vous aviez mobilisé plusieurs centaines de milliers d’admirateurs et que la RTS avait occulté. Tous les sénégalais en avaient été choqués et cela avait augmenté votre audience nationale. Mais il faut noter que Abdou Diouf ne nous avait pas autant saoulés de son image ou de son discours.

* Maître, si j’ai été un peu dur dans mon langage c’est uniquement par dépit, tellement je mesure ce que vous auriez pu faire avec des hommes lucides et engagés uniquement au profit de la Nation, tellement vous aviez mobilisé derrière vous tout un peuple plein d’espoir. Je veux appeler votre attention sur la situation dangereuse dans laquelle nous évoluons et qui nécessite un dialogue national. Aujourd’hui tout le monde reconnaît que vous êtes le président légitime de tous les sénégalais jusqu’en 2012 et rien ne peut se faire légitimement sans vous.
Vous avez toujours promis de laisser le Sénégal entre des « mains sûres » et à la pratique, depuis 2000, je peux vous assurer que celles là, ne sont ni au PDS ni à la Génération du concret, encore moins chez les personnes issues de combinaisons politiciennes de toute la famille libérale ayant défilé au pouvoir depuis l’avènement de l’alternance. Ce que vous appelez « libéralisme » n’est que l’exploitation des opportunités publiques au profit d’intérêts individuels. Vous ne faites pas l’apologie du mérite de l’individu par l’imagination, l’entreprenariat et le travail mais bien plus l’encouragement de la médiocrité et de la magouille. Si vous nous laissez cet héritage, sans Abdoulaye Wade, vous transformeriez le Sénégal en une jungle où les prédateurs de votre parti et ses alliés installeraient le vol, l’injustice et la violence comme mode de gouvernement. Et au bout du compte, le syndrome ivoirien y développerait ses maux avec d’autant plus d’ampleur que vos partisans aujourd’hui riches à milliards n’hésiteraient pas à utiliser tous les moyens pour demeurer et survivre à la tête de l’Etat. Vous laisseriez à la postérité l’Image d’un démocrate aveuglé par le pouvoir dont toute la vie n’a été qu’un mirage et un rêve poursuivis à pas pressés, sans réflexion ni discernement et qui l’a conclue en parfait despote

Au nom de ce Pays que vous dites aimer, au nom de l’Histoire, je vous demande de vous ressaisir. Depuis des années on ne fait que vous tromper, vous poussant sur le chemin de l’argent que vous n’avez jamais choisi. Vous avez fini par croire que la meilleure manière de rester au pouvoir est d’acheter les gens, ayant constaté que le Sénégalais aimait l’argent facile. Vous avez vidé les caisses du Trésor pour entretenir cette cour stérile et cet amour intéressé qu’on vous manifeste. Le Sénégal a pâti de cette anomalie et vous n’avez eu des réflexes pour votre peuple que dans les rares moments de lucidité où vous l’avez senti frustré, fatigué et en souffrance et même dans ces moments les plans que vous avez préconisés n’étaient pas bien élaborés et donc pas correctement exécutés : « Plan Jaxaay » ou GOANA. Ils étaient juste énoncés pour juguler une crise et permettre encore à quelques privilégiés du régime de s’enrichir encore et encore. Regardez autour de vous Abdoulaye, un peu au-delà de votre entourage immédiat et montrez-nous que vous êtes en réalité, cet homme généreux, imaginatif, démocrate et bon. Aidez le Sénégal à survivre et à prospérer
N’écoutez pas et ne suivez pas les envolées guerrières de certains de vos collaborateurs qui ne peuvent conduire qu’à une impasse.
Je voudrais vous suggérer, de 2009 à 2012, de mettre en place un gouvernement de transition dont le rôle serait de :

1. Surmonter la crise budgétaire que traverse le Sénégal qui souffre d’un grand déficit des finances publiques gérées jusque là par une politique patrimoniale ; réduire le train de vie de l’Etat en réduisant les charges de complaisance et les libéralités au lieu de continuer comme le Budget général de 2009 semble l’indiquer à creuser les déficits.
2. Remettre la machine économique en marche en payant la dette intérieure et en résolvant les problèmes liés aux facteurs de production tels que l’énergie et le facteur humain, les communications et les transports.

3. Agir sur les établissements bancaires pour leur participation au financement de l’économie, de façon effective.

4. Réunir les partis politiques et la société civile active pour surmonter tous les conflits politiques, dans une communion nationale :
- Réviser le fichier électoral
- Elaborer une nouvelle constitution pour éviter dans l’avenir les tripatouillages et les coups de force d’une majorité parlementaire inconsciente, ou la tyrannie d’un despote.
- Mettre en place un calendrier électoral républicain
- Trouver une procédure logique et consensuelle pour réduire les partis politique à un niveau raisonnable et normé.
5 .Prendre les mesures nécessaires pour apporter à la population l’assistance nécessaire à sa survie, par une politique de subventions appropriées

6 Assurer en 2012 des élections libres et transparentes sur la base d’un consensus national, en évitant de privilégier les solutions imposées par le PDS ou ses alliés. Il serait souhaitable que dans cette période de transition, le chef de l’Etat collabore avec tous les partenaires politiques de la vie sénégalaise et qu’aucune décision majeure ne soit prise sans discussion avec toute l’opposition et tous les acteurs sociaux. Il est clair que cette solution exclut la passation monarchique du pouvoir à tout descendant, légitime ou putatif. En se mettant au dessus de la mêlée pour permettre au Sénégal de passer le cap de 2012 sans dégâts. Maître Abdoulaye Wade écrirait sur le livre de l’Histoire du Sénégal une nouvelle page encore plus éclatante que celle de ses prédécesseurs. Pendant ces trois ans, Abdoulaye Wade l’africaniste pourrait développer la stratégie qui lui permettrait de voir se dessiner, et peut être naitre, ces Etats-Unis d’Afrique dont il est le chantre le plus ardent, en laissant à son gouvernement d’union nationale totalement responsabilisé l’entier exercice du pouvoir réglementaire et administratif. Le Sénégal et l’Afrique lui devraient TANT !!

Les nuages qui s’amoncellent aujourd’hui au dessus de nos têtes sont striés de sang ; faites Maitre, qu’ils se transforment en pluie nourricière et non en ouragan dévastateur qui plongerait le Sénégal dans la tourmente et le désordre.
Le Sénégal aurait un tribut trop lourd à payer s’il devait attendre encore longtemps pour faire cette transition, sans votre supervision, ou après 2012.

.Merci Maître, très fraternelle ment et très humblement, avec tous mes respects.



Intendant-colonel (ER) Oumar Ndiaye.

mardi 2 septembre 2008

*L’Aéroport International Blaise Diagne

Pour les grands travaux de Maître Abdoulaye Wade, l’équipe d’experts financiers autour de Karim et de l’APIX avait imaginé l’utilisation du financement par contrat BOT (Built, Operate and Transfert ), avec un opérateur privé, disposant d’une concession sur une période suffisante d’amortissement, qui Construit , Exploite et Transfert ( CET ). C’est ainsi qu’une loi fut spécialement votée le 13 Février 2004 pour constituer le cadre légal des contrats de type CET. Malheureusement les investisseurs ne se sont pas bousculés pour la réalisation des projets de Wade, ni pour l’autoroute à péage, ni pour l‘aéroport international de N’diass.
L’Etat, par la volonté de Wade s’engagea dans les travaux de la première phase de réalisation de l’autoroute grâce aux milliards obtenus dans des emprunts obligataires successifs et des fonds issus du budget d’investissement et de l’apport des bailleurs. Selon les circonstances, le projet est estimé à 280 ou à 200 milliards de francs CFA. La phase Dakar- Pikine de plus de 12 km sera entièrement réalisée par l’Etat ; la 2e phase d’un peu plus de 20 km sera réalisée dans un partenariat public-privé que l’Etat tente de susciter. Le schéma dessiné à priori par l’APIX prévoit une participation privée à hauteur de 40 % du financement pour un montant de 47 milliards de francs. En tout cas le Directeur de la Banque Mondiale au Sénégal aurait adressé le 16 juin 2008 une lettre au FMI pour les convaincre à aider le Sénégal à lever des fonds auprès d’ une banque internationale à un taux non concessionnel. D’ailleurs un appel d’offres pour la sélection d’un opérateur serait lancé depuis le 2 Avril 2007 et sa désignation se terminerait vers la fin de l’année 2008.
Voilà une drôle de concession, que l’on va offrir pour 25 ans à des privés qui n’auraient décaissé que moins de 20% d’un projet au coût global avoisinant les 280 milliards. Dans le cas d’espèce la logique économique voudrait que l’Etat finançât la totalité de l’opération et confiât ensuite la gestion à un opérateur qui lui verserait une substantielle redevance, tout en assurant à l’infrastructure un entretien et une maintenance adéquats pendant la durée de la concession. Ceci d’autant plus que c’est l’Etat du Sénégal qui devrait assister les partenaires privés à trouver des fonds dont il garantirait par ailleurs le remboursement intégral

Mais le libéralisme’ de type « Alternance » encourage l’enrichissement d’amis bien choisis dans des cas où l’Etat aurait pris tous les risques et supporté le fardeau financier le plus lourd. Ici il n’ya point de CET et le partenaire privé ne devrait être qu’un gestionnaire choisi sur la base de sa capacité technique et le niveau de son offre financière compensatrice

La tortuosité des manœuvres de la famille Wade se manifeste de la façon la plus éclatante dans le montage financier de la réalisation de l’aéroport international de N’diass :
Dans son justificatif de projet, l’APIX notait que le développement du Sénégal à l’horizon 2020 commandait d’avoir un aéroport aux normes internationales, qui nécessitait, si l’on voulait garder celui de Yoff, un investissement de 210 milliards de francs CFA, et que dans tous les cas l’emprise actuelle de 800 hectares de l’aéroport Léopold Sédar Senghor était loin du besoin d’extension se situant à 2600 hectares. L’agence concluait qu’il était plus pertinent de construire un nouvel aéroport dont le coût était estimé à seulement 173 milliards de francs
Lorsque l’option de construire un aéroport fut arrêtée sur la base de cet argumentaire, le projet bizarrement fut réévalué à 2oo milliards. Pour le financement, l’APIX a retenu l’action de l’Etat par emprunt obligataire ou bancaire, garanti par la Redevance de Développement des Infrastructures Aéroportuaires (RDIA) et pour l’exploitation, la sélection par appel d’offres d’un gestionnaire privé de classe internationale. BMCE CAPITAL, cette fameuse banque d’affaires marocaine fut choisie pour étudier la structuration du financement à partir de la RDIA. Lorsqu’il s’est agi d’emprunter pour la réalisation de l’aéroport, le projet grimpa à 235 milliards. Cette façon cavalière d’estimer cette activité montre encore une fois le peu de sérieux et la légèreté des pseudo-spécialistes qui gèrent cette affaire. Le montant réel des projets n’a aucune importance, le chiffre retenu dans chaque version dépendant exclusivement de la thèse à défendre.

Le résultat de cette magouille est connu de tous : l’Etat créa dans le style Partenariat-Public-Privé (PPP), une société anonyme au capital de 100 millions dont 55% des actions sont détenus par Monsieur OUSMANE DIOP du Groupe Prestige et ses amis qui interviennent déjà à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, et 45% par l’Etat du Sénégal, le 24 Février 2006 .Cette société dénommée AIBD.sa, est désignée par l’Etat comme la société de projet, dans une convention relative à la conception, la réalisation, l’entretien, la maintenance, l’exploitation et le développement de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) Pour réaliser sa mission, AIBD.sa va s’adosser sur la RDIA créée et fixée par les décrets 2005-138 et 2005-1021 des 28 Février et 24 Octobre 2005.Cette redevance ,estimée par certains à une quarantaine de milliards par an, sera perçue jusqu’à complet remboursement du prêt de 235 milliards dont AIBD.sa sera porteur, pour la construction du nouvel aéroport..Il faut rappeler que la RDIA est collectée conformément aux dispositions de l’OACI par l’Association Internationale des Transporteurs Aériens ( IATA ),capturée dans un compte séquestre et gérée à travers la BMCE CAPITAL Ce dispositif a permis à la BMCE de structurer les modalités de l’emprunt avec la BNP-Paribas et d’autres partenaires.
AIBD.sa jouit d’une concession de 30 ans pour construire, exploiter et transférer la structure à l’Etat Sénégalais, ainsi que d’un bail de 99ans sur un terrain de 4500 hectares dont seulement 2600 constitue l’emprise maximale du nouvel aéroport. Voilà donc notre opérateur bidon, propriétaire d’un aéroport potentiel d’une valeur de 235 milliards de francs disposant en outre d’un terrain de1900 hectares sur lequel il pourra mener toutes sortes de spéculations. Mais, il faut construire l’aéroport et l’exploiter et notre opérateur ne sait pas le faire. Qu’à cela ne tienne ! AIBD.sa va faire faire, par des spécialistes de rang international.
C’est dans ce cadre que le chef de projet, AIBD.sa , a sélectionné , par appel d’offre international, un consortium dirigé par Fraport AG pour assurer la gestion du futur aéroport. Fraport créa une société de droit sénégalais, DAPORT, pour exécuter la mission et celle-ci reçut de AIBD.sa, dans le cadre d’une convention d’une durée de 25ans, une concession de gestion de l’aéroport AIBD : « la société de gestion (SG) bénéficiera de l’exclusivité, sans exception ni réserve, de l’exploitation commerciale aéroportuaire relative au trafic aérien régulier international et régional au départ et à destination du Sénégal et ce, dans un rayon de 150 km autour de DIASS ».La société de gestion versera à la société de projet une redevance dans les conditions définies par la convention et négociées entre parties. « Dans le cadre de la convention et de la Loi, la société de gestion est autorisée, en contrepartie des services rendus, à percevoir des redevances sur les usagers de l’aéroport, ainsi que toute autre forme de revenu tiré de l’exploitation de l’aéroport……….. En contrepartie des dépenses qu’elle s’engage à faire, en exécution de la convention, la SG est autorisée à percevoir toutes les redevances à l’exclusion de la RDIA et de celle revenant à l’ASECNA. »
La convention rappelle qu’en échange des missions qu’elle exécute au titre de l’article 2 de la Convention de DAKAR, l’ASECNA est autorisée à percevoir directement la redevance relative à l’usage des dispositifs d’assistance à la navigation aérienne qu’elle met en œuvre.
C’est l’occasion de trancher le débat actuel sur les redevances de l’ASECNA que le Sénégal perçoit indûment; les redevances d’atterrissage et de balisage dans les aéroports cités nommément dans l’article 2 de la Convention de Dakar et listés en annexe de cette convention, constituent la contrepartie naturelle de l’assistance relevant des missions dévolues à l’ASECNA. Aussi longtemps que le Sénégal restera au sein de l’ASECNA, les redevances relatives à l’assistance de l’ASECNA au profit de l’aéroport de Dakar, devront être directement perçues par l’ASECNA. La position actuelle du Sénégal est donc illégale et indéfendable La raison la plus évidente est que AIBD.sa rappelle à DAPORT cette prérogative de l’ASECNA, pour un aéroport qui n’est même pas encore construit
.
Nous avons donc notre opérateur, société de Projet et son futur gestionnaire et il faut maintenant construire notre AEROPORT.
L’appel d’offres pour la construction de l’Aéroport International Blaise Diagne, lancé en Août 2006, a été dépouillé en Décembre 2006 et le contrat adjugé dans des conditions scandaleuses à la société saoudienne Ben Laden. La question n’a pas été de contester la compétence de la société attributaire, loin s’en faut, mais les conditions dans lesquelles le choix du bénéficiaire a été opéré. En effet c’est le consortium ZAKHEM / Etat Chinois qui avait présenté la meilleure offre, tant du point de vue technique que financier et il a fallu retarder de quelques jours la publication des résultats prévus le 20 Décembre, afin de permettre à Ben Laden de s’ajuster. En tout cas, selon WALF, l’offre du consortium écarté était de 110 milliards, alors que Ben Laden culminait à 165 milliards. Il faut noter que la phase de présélection arrêtée en Juin 2006 avait permis de verrouiller l’appel d’offres afin que le contrat ne puisse pas échapper à Ben Laden, des amitiés soigneusement entretenues devant réserver au consortium un rôle de simple faire-valoir. Le nom de Pierre Aim, cité déjà dans l’affaire des fonds Thaiwanais et d’autres dossiers obscurs touchant les Wade, a été mentionné dans ce cadre comme un acteur de l’ombre. La décision est d’autant plus curieuse que le consortium avait accompagné sa proposition d’un budget bouclé à hauteur de 90 % , soit 100 milliards de francs, là où Ben Laden n’avait réussi à lever que 44 milliards sur 165.On apprend que des personnes perchées au palais se partagèrent une commission de 10% du marché, soit 16,5 milliards, versés dans un compte ouvert à DUBAI au nom d’un habitant du palais présidentiel
En tout état de cause l’affaire Ben Laden, comme toutes celles qui ont suivi, semble avoir été arrangée par les Wade, lors du fameux voyage présidentiel d’avril 2006 en Arabie Saudite et aux Emirats Arabes Unis, toutes les procédures de sélection et d’adjudication utilisées n’ayant été que pur formalisme.
Quand on voit aujourd’hui comment APIX.sa continue de gérer cette histoire d’aéroport malgré la désignation de l’Opérateur AIBD.sa, du Constructeur Ben Laden et du Gestionnaire DAPORT, on comprend aisément que les Grands Travaux des Wade ne sont qu’une vaste arnaque servant à détourner les fonds publics vers des comptes privés ouverts un peu partout dans le monde, par l’utilisation de structures navigant hors de l’Administration Publique et des rouages réglementaires de l’Etat, donc sans aucune possibilité de contrôle.
Sinon comment expliquer que selon des informations fournies par la presse, l’offre de Ben Laden ait été ramenée à 126,5 milliards après qu’on eût modifié les spécifications techniques et les termes de références du projet initial ? Si l’on considère que la construction de AIBD va revenir à 126,5 milliards auxquels il faut ajouter 7 à 10 milliards de frais d’ « impenses », le coût de l’opération ne devrait pas dépasser 140 milliards. La question qui se pose dès lors est de savoir ce que l’opérateur AIBD.sa va faire du reliquat du prêt de 235 milliards, garanti par l’Etat et la RDIA ! L’absence de délimitation de responsabilités claires entre Etat, APIX.sa et AIBD.sa dans la gestion des problèmes induits par le projet de l’Aéroport International de N’diass est la preuve manifeste de la duplicité du régime pseudo-libéral de Maître Abdoulaye Wade.

On ne peut pas fermer ce chapitre sans s’intéresser à l’avenir de la gestion de nos activités aéroportuaires nationales. En effet, depuis le 10 Mai 2008 le Sénégal a repris à l’ASECNA la gestion de ses activités nationales qu’il lui avait confiée, avec les mesures illégales de rétention de redevances déjà signalées ci- dessus. Or avec les conventions signées entre l’Etat, la Société de Projet et la Société Gestionnaire, un an avant la fin des travaux de N’diass, des dispositions de transition devraient être prises pour transférer les activités de YOFF vers N’diass, c'est-à-dire la responsabilité de la structure actuelle Aéroports du Sénégal ( ADS ) vers le binôme AIBD.sa-DAPORT Sachant qu’ADS ne dispose que des ressources issues des redevances et services perçus à l’Aéroport Léopold Sédar Senghor, comment pourrait-il prospérer ?Avec quelles ressources les agences telles que ANACS, AMNS, Haute autorité de l’Aéroport, qui sont financées exclusivement par ADS, pourront-elles assurer leur fonctionnement, sans remettre en cause les missions d’intérêt national dont elles sont investies. Avec quel budget le Sénégal va assurer la survie et le développement de ses aérodromes régionaux ? On sait combien Farba Senghor est un ministre sérieux dans sa manière de gérer ses dossiers, aussi on pense que ceux qui l’exposent dans l’affaire de AIBD, de l’ASECNA et des redevances détournées, lui ont toujours caché la vérité ; ils l’ont envoyé au combat comme un bon tirailleur, quitte à lui faire assumer les conséquences d’une action vouée naturellement à l’échec, rien que pour préserver des intérêts présentement bien menacés. Aujourd’hui le Ministre des Transports Aériens a un rôle majeur à jouer dans le dénouement de la crise qui va naître de l’échec de toutes les magouilles ourdies autour de l’Aéroport fictif de Ndiass qui peine à émerger de terre. Pour ne pas condamner ses propres structures à la disparition et rendre vains tous les efforts déployés depuis des années pour le développement du secteur, le Ministre doit saisir l’opportunité que lui offrent les bailleurs, notamment le FMI et la Banque Mondiale qui ont vigoureusement dénoncé le scandaleux montage financier de l’’Aéroport International Blaise Diagne et demandé avec insistance à l’Etat du SENEGAL de racheter les parts du privé dans le capital d’AIBDsa. Pour lui, la solution la plus pertinente aujourd’hui et la plus juste, serait de racheter totalement, sans frais, ni bénéfice, ni plus-value, la portion privée du capital d’ AIBD.sa qui constitue une forfaiture, et de faire d’ADS la Société de Projet. L’avantage d’un pareil dispositif est de préserver la pérennité des activités aéronautiques nationales tout en s’aménageant la possibilité d’associer ADS avec tout partenaire stratégique pertinent pour la construction et la gestion du nouvel aéroport Blaise Diagne. Cette recapitalisation d’AIBD.sa, disons sa disparition au profit d’ADS, est la seule issue pour corriger le montage inique de son financement, garantir les prérogatives et les intérêts de l’Etat du Sénégal et répondre à la demande des bailleurs, à la tête desquels les Institutions de BRETTON WOODS.
Je suis persuadé que la position de Farba Senghor par rapport à la redevance de l’ASECNA et s’agissant des velléités du SENEGAL de sortir de l’ASECNA, n’a été dictée par Abdoulaye Wade que sous l’inspiration de son entourage direct et familial qui gère ce dossier selon des intérêts strictement privés et personnels et qui ne mesurait pas les désastreuses conséquences des décisions envisagées. Il est encore temps de bien faire, mais tout de suite car des retards sont déjà pris et les implications financières risquent d’être catastrophiques à moyen terme !!!

lundi 25 août 2008

Les WADE en question

La nouvelle colonisation économique du Sénégal :

Selon les indiscrétions publiques de son ex-Premier Ministre, maître Abdoulaye Wade, dès le début de son premier mandat, a montré la grande importance qu’il accordait à l’argent, en s’extasiant devant l’éventail des opportunités de richesses que leur révélait la prise de service dans leurs nouvelles fonctions : « cher ami, je crois que c’en est fini de nos problèmes d’argent ! » .Hélas, ce n’était pas la fin mais bien le début d’une histoire sans fin d’argent, de butins, de fonds politiques, de commissions, mais aussi de largesses et de dépenses somptuaires et de corruption ; le fils WADE dont la spécialité est la gestion de la Finance devint donc, par hérédité, par intérêt et par nécessité, l’arme fatale pour l’accumulation de la richesse au profit de la famille, Dès l’accession des Wade au pouvoir, les pays arabes amis, comme il est de tradition dans ces monarchies où tout appartient au monarque, accueillirent les nouveaux venus par des dons généreux et des subsides substantielles, vite baptisées « fonds politiques » .Les visites d’amitié dans ces royaumes et émirats aux étiquettes fastueuses firent perdre la tête aux WADE qui finirent par se prendre pour ROI et PRINCE et nos méchants journalistes y ont beaucoup contribué ; de subtiles relations furent tissées entre le DAUPHIN Sénégalais, le Commandeur des Croyants et les Altesses Emiraties, de telle sorte que petit à petit le SENEGAL devint marocain et dubaiote.
L’avènement de Maître Abdoulaye Wade en Mars 2000 a entrainé une accélération des relations d’affaires entre le Sénégal et le Maroc. Ainsi dès 2001, le Sénégal a offert au Maroc une participation majoritaire dans le capital de la compagnie AIR SENEGAL rénovée, en donnant naissance à AIR SENEGAL INTERATIONAL, une nouvelle filiale de la ROYAL AIR MAROC. La société-mère profita des portes que lui a ouvertes son partenariat avec le SENEGAL pour multiplier ses propres dessertes et assurer son développement. Au bout de cinq ans de gestion marocaine, ASI fut au bord de la faillite et le gouvernement du Sénégal fut obligé de s’engager à soutenir la compagnie et éventuellement à modifier le capital pour en détenir la majorité. Dans cette relation l’intérêt du Sénégal n’apparait pas de façon évidente. Pour le Maroc et la RAM, c’est le début d’une aventure exaltante : en 2001, la part de la RAM sur le trafic international transitant à Casablanca était de 5% , alors que les prévisions pour fin 2008 se situent à 40% ; entre temps des lignes régulières sont ouvertes entre CASABLANCA et plusieurs villes d’AFRIQUE comme LOME ,LAGOS, KANO, KINSHASA, MALABO, FREETOWN, BRAZZAVILLE, YAOUNDE et ACCRA. Mieux, l’expérience d’AIR SENEGAL INTERATIONAL semble inspirer la RAM qui veut prendre des participations majoritaires dans Air Gabon et Air Mauritanie. Qu’est ce que le SENEGAL a gagné dans tout cela ? Dans tous les cas les Sénégalais y ont perdu car les tarifs sont artificiellement maintenus à un niveau difficilement accessible par le citoyen moyen, surtout pour les billets de la Mecque dont l’exclusivité a été attribuée abusivement pour une période de dix ans à ASI
On ne peut pas être étonné des résultats obtenus par ASI lorsqu’on connait le niveau intellectuel et de responsabilité du leader de la représentation sénégalaise à la tête de cette structure. Pour Abdoulaye Wade les conseils d’administration ne sont que des strapontins financiers pour récompenser des militants zélés et non des lieux stratégiques de définition de suivi et d’évaluation des activités de gestion des sociétés et des entreprises dans lesquelles l’Etat détient une part.

Restons un peu dans le domaine des transports pour parler de la gestion de la ligne maritime Dakar –Ziguinchor : après le désastre du DIOLA, l’Etat s’orienta vers une gestion privée de la liaison maritime ; c’est ainsi qu’en 2005, il créa avec la Compagnie Marocaine de Navigation (COMANAV) ,une société dont les marocains possédaient 51% du capital, le Port de Dakar et le COSEC se partageant à égalité les 49%.Cette Société, la SOMAT, entièrement gérée par les marocains de la COMANAV, fut chargée d’assurer la liaison Dakar-Ziguinchor, grâce à la location d’un bateau , le WILLIS. Le navire coûta 60 millions de francs CFA de location par mois, avec en contre partie une subvention d’équilibre de l’Etat de un milliard par an.
Cette situation perdura avec bonheur pour les deux parties, jusqu’au moment où le SENEGAL réceptionna le nouveau navire en commande depuis 2003 dans les chantiers navals de l’Allemagne. Tout semblait indiquer une continuité de gestion avec la SOMAT, qui disposait d’une concession de 20ans, lorsque tout à coup le Président décida de confier le bateau à des Sénégalais disposant d’argent et d’expertise dans le domaine de la navigation maritime.

Pourquoi ce revirement du Président Abdoulaye Wade ? La raison il faut la rechercher dans le fait que la COMANAV a été acquise, suite à un appel d’offre, par le Groupe français CMA-CGM, entrainant l’absorption de sa filiale sénégalaise, la SOMAT. Les autorités sénégalaises qui ont dépensé 16 ,7 milliards pour la fabrication du navire avec des fonds de la KFW, de la BEI et du Sénégal, pouvaient difficilement accepter qu’une multinationale vienne recueillir les fruits de tant d’efforts consentis par les pouvoirs publics. Pour une fois la position de Wade était patriotique même si l’option finale de confier la gestion du navire à de riches hommes d’affaires nationaux bien ciblés marquait toujours une orientation intéressée. Sur cette affaire, conjuguée avec celle d’ASI, le Sénégal et le Maroc furent au bord de la rupture diplomatique, mais heureusement ils surent alors raison garder. Mais le Sénégal ne sortira pas indemne de la rupture unilatérale et abusive de la convention accordée à la SOMAT et le moindre mal serait le rachat à l’amiable de la part de la COMANAV…..mais à quel prix ?? C’est triste que ce soit toujours le Sénégal qui paie les pots cassés même lorsque ce sont nos amis marocains qui gèrent mal nos affaires associées. Tout ceci montre à quel point mon ami Abdoulaye se soucie peu des résultats de ses décisions et le règlement de ses erreurs s’effectue toujours dans la plus grande opacité.
La coopération entre le Sénégal de Abdoulaye Wade et le Maroc du Roi Muhammed VI a touché aussi le domaine bancaire. La Banque Marocaine du Commerce Extérieur, approchée et accrochée par la famille Wade, a ouvert dès le 10 Mars 2003 son bureau à Dakar. Cette banque d’affaires a été au centre de tous les montages financiers utilisés dans des opérations conduites en sous main par le fils WADE ; c’est ainsi que BMCE a été sollicitée lors de la recherche de financement du nouveau terminal à conteneurs du port de Dakar, par le lancement d’un emprunt obligataire de 30 milliards ; BMCE fut ensuite désignée comme conseiller du gouvernement du Sénégal en 2004 pour la réalisation de l’aéroport de N’diass et comme nous l’analyserons en détail, le montage opéré fut bien tortueux. Enfin en 2005 ce fut cette même banque qui fut utilisée avec le cabinet GOLDMAN SACHS, dans le cadre de l’appel d’offres international pour la désignation d’un opérateur global de télécommunication (téléphonie fixe et mobile). Au final une adjudication à 100 millions de $ US, réduite une semaine après à 90 millions par les commissions et le change défavorable, selon les explications alambiquées du pouvoir libéral. Avant de revenir sur les sujets cibles de cette rétrospective, terminons notre tour des affaires marocaines :
ONE, l’office national de l’électricité du Maroc qui détient une infime part du capital de la SENELEC depuis son aventure avec VIVENDI, vient d’obtenir une concession d’exploitation de 25 ans dans l’électrification rurale de 550 villages du nord du SENEGAL ; un consortium de BTP conduit par la société marocaine SINTRAM réalise actuellement les travaux de la route Linguère-Matam sur environ 225 km. D’autres sociétés marocaines sont ici au Sénégal dans le commerce, le négoce et les activités de pêche et même SOTHEMA, un laboratoire pharmaceutique marocain devrait ouvrir une filiale à Dakar sous le label WEST AFRICA PHARMA.
Enfin dans le domaine des banques de commerce, on ne peut pas passer sous silence la grande percée d'ATTIJARIWAFA BANK. C'est en Janvier 2005 que cette grande banque populaire commerciale marocaine conçut le projet de création d'une filiale à DAKAR, et en Juillet 2006 elle ouvrit ses premières agences au public ; dès janvier 2007 elle absorba la Banque Sénégalo-Tunisienne par l’acquisition de 66,67% de son capital ; le 21 Avril 2008 la CBAO, une des plus anciennes banques du SENEGAL céda à ATTIJARIWAFA 79,15 % de son capital, ce qui ouvre à la banque marocaine d’heureuses perspectives de développement.IL faut convenir avec moi que cette ascension fulgurante de ATTIJARIWAFA ne peut pas être le fruit du hasard et qu’une main bénie a dû assurer la facilitation et cela peut cacher bien des intérêts. Ce que le sénégalais moyen ignore c’est que nombre de ces affaires marocaines appartiennent à la famille royale qui les gère de façon privée avec l’aide de très hauts cadres compétents et sérieux, sans état d’âme; puisqu’apparemment le Sénégal n’a aucun intérêt dans toutes ces combinaisons, on peut logiquement penser que les Wade y trouvent le leur puisqu’ils en sont les instigateurs et les principaux initiateurs

lundi 16 juin 2008

CE QUI M' ENRAGE LE PLUS





Un célèbre général Sénégalais aimait dire à ses Officiers : « Rappelez vous toujours qu’un officier n’est ni un badoolo, ni un mercantile mais il doit demeurer toujours un Aristocrate ». Cet esprit qui m’habite me rend insupportable l’affairisme d’Etat que la famille Wade a instauré en mode de gouvernance.
Je vais citer quelques affaires tordues que je digère difficilement :
L’histoire de l’avion Présidentielle est la première magouille d’envergure que le régime de Wade nous a servie ; le problème n’était pas en soi l’opportunité de la réparation de cet aéronef d’un certain âge acquis par le Président Senghor mais plutôt la méthode. D’abord une longue période d’hésitation pour décider si on remplace ou si on rénove ; puis lorsqu’on se fixe sur la rénovation se pose la question de savoir jusqu’où .Tout au long de la procédure seuls les Wade ont pris toutes les décisions sur ce contrat de gré à gré de plus de quinze milliards. A cette date déjà la main de Karim est décelée par les enquêteurs notamment sur le choix de la société britannique prestataire, donc des coûts. Le pilote utilisé comme un fusible pour s’épancher sur la régularité des procédures n’avait certainement aucun pouvoir de décision par conséquent aucune responsabilité dans les dérives constatées Si le dossier avait été confié aux services compétents de l’administration publique pour de pareilles opérations, il y aurait eu plus de transparence dans les transactions opérées.
Le régime de Wade a, dans cette affaire menti et caché la vérité au Peuple Sénégalais, sur le montant de la transaction et ses modalités d’exécution.
Le deuxième problème que je vais évoquer est l’affaire Dakar Dem Dikk. En 1999-2000 la société de transport du Cap-vert qui assurait le transport public dans la région de Dakar avait cessé ses activités et l’Etat avait entrepris des opérations de liquidation : personnels, patrimoine …etc. Entre temps survint l’alternance politique au Sénégal et l’avènement du régime de Maître Abdoulaye Wade Celui-ci lors de sa campagne électorale s’était ému des difficultés éprouvées par les populations dakaroises pour se déplacer et avait promis d’y apporter une solution. C’est ainsi que la première action du Président fut de mettre en place « Dakar- Dem- Dikk », à la place de la défunte SOTRAC, liquidée en novembre 1998.Ce fut officiellement le 1e Janvier 2001.
Comme on le voit, l’intention du Président était bonne mais ce qui pose problème c’est la méthode et surtout la manière utilisées.
En effet, maître WADE trouva personnellement 250 millions qu’il mit à la disposition de deux de ses amis français attirés au Sénégal par son succès électoral, avec mission de mettre en place la société de transport urbain. C’est au salon d’honneur de l’aéroport de Dakar-Yoff que le hasard me permit d’entendre de leurs bouches la narration des faits : nos amis français se rendirent dans leur pays pour acquérir une cinquantaine de bus d’occasion ; l’achat et la rénovation des véhicules ne devaient pas excéder 50.000 FF de l’an 2OOO, soit 5millions de francs CFA l’unité. C’est Abdoulaye Wade lui-même qui baptisa la nouvelle structure DAKAR-DEM-DIKK. Il l’installa sur les cendres de la défunte SOTRAC, avec en prime le personnel qualifié, les locaux, les épaves de véhicules et autres pièces de rechange disponibles encore sur la plateforme. Cette structure hybride fonctionna ainsi pendant plusieurs années avec des hommes de confiance de WADE, assurant les différentes fonctions de la Direction Générale et du Conseil d’Administration, sous le statut de société anonyme au capital nominal de 1,3 milliards de francs CFA. Au fil des ans la République, par son Président, négocia avec l’Algérie, l’Iran, l’Inde et d’autres amis pour renforcer le parc de DDD et augmenter sa capacité opérationnelle. L’Etat octroya à la structure, au nom de sa mission de service public de substantielles subventions d’équilibre ; Lorsque le fruit devint bien mûr et bien juteux et que l’ami français devint trop fatigué par l’âge et les problèmes sociaux, l’on fit comprendre que cette structure élevée et nourrie par le giron de l’Etat du Sénégal était en réalité une société de droit privé. Le Gouvernement imposa son rachat par l’Etat, qui acquiert la majorité du capital, avec toute la plus value engendrée tout au long des ans par le soutien constant et l’engagement de l’Etat du Sénégal, et un substantiel bonus au bénéfice d’illustres inconnus. Je ne sais pas comment nommer une pareille opération : détournement de biens publics ? abus de biens sociaux ? ou blanchiment d’argent ? vol ou escroquerie ? Les conditions du rachat restent pour le sénégalais lamda une grosse nébuleuse.
Cette façon d’enrichir ses amis en privatisant le bien public est une constante du régime de WADE qui est aux antipodes du vrai libéralisme dont ils se targuent d’être les chantres.

Je ne citerais pas toutes les combines dissimulées dans des affaires apparemment saines autour de SENBUS ou des services de sûreté et de sécurité de l’Aéroport Léopold Sédar Senghor où le nom d’honnêtes sénégalais est utilisé pour cacher des prébendes du rejeton .Mais je ne peux pas ne pas parler du vaste complot Jafza : Aéroport International Blaise Diagne, terminal conteneurs du port de Dakar, Ile de Gorée, parc d’oiseaux et réserve animalière, Autoroute à péage, etc…








dimanche 8 juin 2008

AH CES ASSISES

Pour ce lundi 9 juin 08, l’article de Babacar Justin Ndiaye paru dans le populaire du 5 juin 2008 et intitulé « Sérum politique », aurait une place de choix dans cette rubrique du Front Patriotique. Notre compatriote, toujours si objectif et si pertinent, est cette fois encore si patriote et si engagé pour la République et la Démocratie, que sans hésitation je le proclame membre d’honneur du FRONT PATRIOTIQUE.

Aussi, c’est sans honte que je vais enfourcher son destrier pour disserter sur les Assises qui semblent diviser le pays en deux camps sourds et aveugles. Cependant je n’ai pas la froideur intellectuelle de Monsieur Babacar Justin Ndiaye parce que je vais prendre partie.
Tous les jours les amis et connaissances que je rencontre me demandent avec insistance si j’ai participé à la cérémonie d’ouverture des Assises. Quand je réponds négativement, je lis sur leur visage surprise et déception, car ils sont tous persuadés que ce genre de forum correspond bien à mon état d’âme actuel. Pour eux les Assises sont faites pour les experts qui ont leur mot à dire dans la manière dont les grands dossiers nationaux sont élaborés et conduits par le régime libéral. Mais en est il ainsi en réalité dans l’esprit des promoteurs et dans les faits ? Je ne saurais dire.
Par contre on peut affirmer sans risque de se tromper que le succès du concept et de l’évènement est dû en grande partie au tapage médiatique contrarié du Président et de son camp, affolés par l’imminence d’un évènement considéré jusqu’à lors comme improbable.
J’ai rencontré et discuté par hasard avec un officier général qui n’a pas pris part aux Assises. Nous nous sommes demandés ce qui pouvait bien unir ce monde aussi disparate : qu’est ce que Dansokho, Niasse, Bathily et Ousmane Tanor Dieng avaient de commun politiquement ? Leur opposition à Wade et leur exclusion du jeu politique par suite de leur boycott électoral, certainement. Qu’est ce qui pouvait justifier le compagnonnage de ce quatuor emblématique avec ces jeunes loups que sont Talla Sylla et Cheikh Bamba Dieye ? Que font là ces ONG, ces syndicats, la Société Civile, le Patronat, des intellectuels comme Amadou Makhtar Mbow ou Penda Mbow mais surtout ces officiers généraux à la retraite qui ont déjà tout donné à leur Patrie ? N’est ce pas là tout le Sénégal réuni, sauf bien entendu le Président et ses partisans ? Il y a donc un vrai problème qui va au-delà des partis, des personnes et des idéologies, un problème qui interpelle toute la Nation Sénégalaise et naturellement le Premier d’entre nous, Maître Abdoulaye Wade, Président de la République : le Sénégal est malade des excès et des dérives du pouvoir bien plus que du marasme et de la situation économique du monde.
Les réactions du Camp du Président et du Président lui-même sont disproportionnées par rapport à l’évènement, surtout lorsqu’on a affirmé quelques temps auparavant n’éprouver aucun intérêt pour les Assises ; elles indiquent malheureusement un manque évident d’esprit républicain et justifient largement la tenue de ces Assises. Le régime n’a rien à craindre dans l’immédiat de cet exercice d’exorcisme puisque les prochaines joutes électorales nationales se situent à l’horizon 2012.C’est vraiment délirant d’imaginer derrière ce show une tentative de déstabilisation ourdie par une main étrangère !!! L’intelligence aurait donc été pour le Gouvernement d’ y envoyer des délégués et de recueillir les recommandations des travaux pour en faire un Plan d’action pour réorienter sa politique ou organiser sa riposte en direction de l’opposition, selon sa bonne foi.
La chasse à l’homme et à la sorcière ouverte contre certains participants, constitue une violation flagrante contre la liberté ; l’exclusion de certains d’entre eux des espaces d’intérêt dans lesquels ils évoluaient, sapent le principe républicain de l’égalité des citoyens devant la loi, les emplois, les marchés, l’usage et la jouissance des biens publics. Faire comme si la citoyenneté se mesurait à l’aune de l’amour que l’on porte à Abdoulaye Wade ou à l’attachement que l’on manifeste au PDS et à sa mouvance alliée, c’est manquer de culture démocratique et ravaler notre pays au rang de jungle.

Je suis un des douze membres fondateurs du Club Prospective 2012 et je peux vous assurer que depuis plusieurs années cette association fait le diagnostic des problèmes de notre pays, par une analyse thématique des différents domaines de développement économique, politique et social ;elle a identifié les forces et les faiblesses de nos systèmes et tracé quelques cheminements vers le Sénégal de 2012. La perspective est très lourde d’incertitude et de menaces. Bien sûr cette action patriotique n’est dirigée contre personne parce qu’elle concerne un groupe d’hommes libres que seul l’intérêt du Sénégal réunit.
Malgré des divergences d’appréciation et de vision sur beaucoup de questions majeures avec le Président, je continue de considérer Maître Abdoulaye Wade comme mon ami. C’est donc à ce titre que je lui lance cet appel pressant de « cessez le feu ». Je lui demande de rappeler sa meute et de calmer le jeu car les invectives et autres gesticulations des guerriers de son camp ne peuvent que créer le désordre et entretenir inutilement la tension sociale.
Le Président doit considérer ces Assises comme une simple plateforme de réflexions dont il devra recueillir les résultats. En attendant il devra porter une attention toute particulière à la situation si difficile que traverse le Sénégal notamment ses couches les plus démunies. Un grand homme se reconnaît par sa capacité à se remettre en question et à accepter ses erreurs ; je lui suggère froidement de se poser la question de savoir ce que le régime libéral a pu faire pendant ces huit ans pour corrompre si profondément la République et la Démocratie et pousser tous ces hommes libres vers ces Assises de l’espoir ou peut-être de l’illusion.
Dans ce pays, Monsieur le Président, il existe des patriotes compétents dans leur domaine, sérieux, travailleurs et incorruptibles qui sont prêts à aider à redresser la barre, mais aussi à sacrifier leur vie, pour que le Sénégal vive dans la paix, la prospérité, la liberté et la démocratie. Les généraux et les officiers supérieurs à la retraite font partie de cette race et méritent du respect
Le Président doit tenir compte de tout cela et se rendre à l’évidence que c’est la médiocrité qui s’achète le plus facilement du fait que c’est le statut qui s’acquiert le plus naturellement, dans la paresse, l’indolence et le verbiage qui caractérisent aujourd’hui cette société sénégalaise qui a perdu tous ses repères et toutes ses références. Les hommes de valeur, il faut aller les chercher et les convaincre.

samedi 24 mai 2008

Rien ne va plus.(suite)

Rien ne va plus


Après avoir déversé une colère injustifiée sur la FAO et les ONGs, voilà que Maître Abdoulaye Wade comme à l’accoutumée nous sert une virevolte digne du plus grand acrobate: la GOANA, Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance. Ce fut à l’occasion du rassemblement de son Etat Major de crise composé essentiellement de ses partisans, où il devait être question d’une réponse immédiate contre la cherté de la vie et le coût des denrées de première nécessité : »je me suis dit, je pars avec le gouvernement cultiver et planter des arbres ». A la place d’une action immédiate, le Président propose un programme à moyen terme à peine ébauché Il faut reconnaître à Maître Abdoulaye Wade une imagination très fertile et le sens de l’improvisation et de la formule. Malheureusement tout ce qu’il fait est vénal, à l’image d’un avocat d’affaires à l’esprit tortueux ; et comme si le Sénégal était une Entreprise géante dont il était le Président Directeur Général, Wade vend, achète, négocie,emprunte, au nom du Sénégal mais toujours au profit d’intérêts parfaitement obscurs. Des contrats d’Etat à Etat au profit de tiers sélectionnés par le Président : » j’avais déjà importé des équipements,…..j’ai fait venir du matériel et nous avons signé un accord avec Kirloskar, une compagnie Indienne venue nous encadrer…le gouvernement a laissé ces machines au port pendant plus d’un an ! Il a fallu que je fasse un tour dire:sortez moi tout cela et distribuez tout ». Est ce vraiment là le rôle d’un Président de la République ?
La question qui vient à l’esprit est : la GOANA a-t-elle fait l’objet d’une sérieuse étude ? On peut en douter si l’on jette un regard même furtif sur le tableau de l’évaluation des objectifs et des besoins du programme publié par le Soleil du lundi 19 Mai 2008. Par exemple en ce qui concerne le manioc, pour 3OO.OOOha de culture,il faut 5OO millions de tonnes de semences pour une récolte escomptée de3OOO.OOO de tonnes !!!
Rien que des chiffres, des produits et des équipements fantaisistes et incohérents. Du vent !!!
Mais ce qui est le plus grave dans cette affaire est la désinvolture avec laquelle le chef de l’Etat traite les autres Institutions de la République : « nous avons dit aux communes, aux communautés rurales et aux sous-préfets de donner des terres à ceux qui veulent travailler. Il ne faut pas que le gouvernement ou les collectivités locales apportent le moindre obstacle à une demande. Si quelqu’un demande dix hectares on les lui donnera ; s’il demande mille hectares, on les lui donnera. Pour la mise en valeur et les résultats, on verra bien. » Le Président donne des ordres à tout le monde sans se soucier des prérogatives que la loi attribue à certaines institutions, mais surtout des objectifs et des résultats attendus.
Pour opérationnaliser la GOANA, il faudrait savoir s’il s’agit d’un plan, d’un programme ou d’un projet. Or, lorsque le journaliste du Soleil parle de la GOANA au Président il déclare : » ce programme nécessite un financement lourd…… » Dans sa réponse le Président explique : « Quand vous regardez le Plan GOANA, il y a les spéculations : le manioc, le mais ; le riz, le mil, etc.… » Mais la base de la vision du Président libéral semble être l’individu et son projet : « Notre programme c’est de consacrer toutes nos ressources pour que la personne réussisse son projet. Nous lui donnons à crédit .Ce sont des projets à rentabilité immédiate. Donc, ils n’ont pas besoin de crédit de dix ans. On peut leur faire un crédit d’un an. Une fois qu’ils récoltent, ils vendent et ils paient avec une partie de la récolte. Par exemple on peut leur dire de payer en cinq ans. » Donc voilà un machin dont le concepteur lui-même ne donne aucune forme particulière , et à son nom le paysan Sénégalais ordinaire sera systématiquement spolié au profit d’un privilégié sélectionné par le régime du Président Wade. Et ça finira comme tous les plans du Président, c'est-à-dire inachevés.

lundi 19 mai 2008

Rien ne va plus

Je suis de plus en plus désemparé par l'attitude désinvolte du chef de l'Etat par rapport à la crise qui couve au Sénégal.Lorsque les observateurs s'inquiétaient dès la fin de la saison des pluies de la situation du monde rural,alors même qu'on ne parlait pas encore de la flambée des prix des denrées alimentaires,le gouvernement de Maitre Abdoulaye Wade s'empressait d'affirmer qu'il n'y avait pas de risque de famine au Sénégal.Cette façon niaise de nier des évidences que la simple observation des faits dénudait au regard de tous est la caractéristique des hommes de mauvaise foi qui entourent notre cher Président.Puis survint la grande inflation sur les prix des denrés et la vague de protestations populaires qui l'ont accompagnée.En réaction à cette situation Wade le libéral commence par affirmer qu'il n'a aucune prise sur les prix des produits importés qui relévent de la loi du marché et pour détourner l'attention des Sénégalais il prit ses habits d'économiste et monta sur ses grands chevaux pour tirer à boulets rouges sur la Fao et les ONGs sans discernement.C'est toujours signe de mauvaise foi et comme l'a si bien suggéré le Directeur Général de la FAO ce qui advient aujourd'hui n'est que le résultat de la politique du Parti Libéral qui a tué l'agriculture et encouragé l'importation des produits alimentaires.Cette démarche du Président Wade a enrichi une certaine clientèle triée sur le volet d'hommes d'affaires spéculateurs dont la seule préoccupation est le gain facile et sans risque.